La révolte des boxeurs

Écrit par Yan Yan - Extrait de son mémoire de DEA

Mots-clés : culture, histoire

Publié 02/01/2000

1- Les grandes étapes historiques

En 1583, les Jésuites s'installent de façon durable en Chine et la religion catholique est reconnue par l'empereur Kangxi en 1692. De cette époque datent les grands travaux de traduction de Matteo Ricci connu pour son dictionnaire.

En 1704, le Pape Clément XI condamne les rites que les convertis chinois continuent à pratiquer pour honorer leurs ancêtres et Confucius. Cette interdiction est renouvelée en 1715.

En 1717, la religion catholique est interdite en Chine, au motif que la décision pontificale est considérée comme subversive par rapport aux traditions chinoises. Les biens de l'Eglise sont confisqués. La présence des Jésuites et la pratique de la religion deviennent très discrets.

En 1773, les Jésuites qui étaient encore tolérés en Chine sont interdits de séjour...

Les occidentaux qui ont très envie de s'implanter en Chine déclenchent de 1839 à 1842 la première « guerre de l'opium » qui se termine par la défaite de la Chine. Le traité de Huangpu est signé entre la Chine et la France le 24 octobre 1844. Ce traité est suivi le 28 décembre de la même année d'un édit impérial autorisant les chinois à pratiquer librement la religion catholique. Les missionnaires sont autorisés à exercer leur religion dans les cinq ports ouverts.

Les missionnaires, considérant les textes insuffisants, formulent de nouvelles demandes auprès de Théodore de Langrené, ambassadeur de Louis Philippe, en exigeant la réouverture d'une négociation diplomatique sur le sujet. Souhaitant utiliser l'influence française pour neutraliser l'intervention anglaise, le gouvernement mandchou accepte globalement les propositions de la France par l'Edit Sacré du 18 mars 1846. Désormais, sur le territoire chinois, la pratique du culte chrétien est tolérée, les chrétiens et leurs biens sont protégés.

Afin d'aboutir à une liberté religieuse et commerciale plus étendue dans les ports du nord et à l'intérieur de la Chine, une nouvelle guerre est envisagée par les Puissances. Dès 1857, sous prétexte d'une offense faite au commerce et de l'assassinat d'un missionnaire français, la France et L'Angleterre déclenchent la seconde « guerre de l'opium » qui s'achève par la victoire des alliés en 1860.

Pendant cette période, la France et la Chine signent le traité de Tianjin en 1858 et la convention de Pékin en 1860. Les textes officiels condamnant la religion chrétienne sont abrogés, les missionnaires peuvent circuler librement dans l'intérieur du pays, avec un passeport délivré par la légation française.

La France, très en retard par rapport aux Anglais dans le commerce avec la Chine, obtient ainsi le statut privilégié de protectorat religieux.

En 1861 la Légation française s'installe officiellement à Pékin, en même temps qu'est établi le Zongli Yamen, bureau chinois pour les affaires étrangères.

C'est à ce moment que naissent de vrais mécontentements. Du côté des autorités chinoises, flouées par des traductions abusives des traités par un missionnaire-interprète français qui donne indûment le droit aux étrangers d'acheter des terrains ; du côté des populations choquées par le refus des chrétiens de continuer à respecter les traditions ; du côtés des Puissances occidentales jalouses du privilège français... Elle veulent se partager la Chine comme « des tranches de melon ».

En 1879, l'Espagne réclame sans succès le droit de protéger ses propres missionnaires. L'Italie obtient la même mesure en 1888, puis l'Allemagne en 1891. Ces pays profitent de l'attitude du gouvernement chinois qui « utilise une Puissance à traiter d'autres ».

Le nombre des incidents et des conflits locaux augmente. Peu d'affaires religieuses sont résolues rapidement. Le malaise s'installe à tous les niveaux. La France est seule à négocier le règlement des conflits et ses relations diplomatiques avec la Chine se dégradent.

Dans ce contexte très tendu, deux missionnaires allemands sont assassinés. Utilisant le prétexte de ce drame, l'armée allemande occupe militairement la baie de Jiaozhou dans la province de Shandong en 1897.

Les boxeurs se soulèvent en 1898, et le mouvement s'étend rapidement dans l'ensemble des régions du nord de la Chine. Avec l'assentiment du gouvernement mandchou, les Boxeurs entrent dans la capitale en 1900 et déclenchent le siège de toutes les légations occidentales. En juin 1900, une expédition de huit Puissances marche sur Pékin. Le 7 septembre 1901, après un an de négociations, le Protocole Final est signé par le gouvernement mandchou. D'énormes indemnités seront versées aux Puissances et aux missions étrangères.

2- La confrontation culturelle

Dans les premières périodes, l'introduction de la religion chrétienne n'a pas rencontré d'obstacles, tant au niveau politique qu'au niveau culturel. Dès 1583, les Jésuites sont bien accueillis parce qu'ils demeurent respectueux des coutumes locales. Des deux côtés, la tolérance est la règle. De très nombreux Chinois se convertissent.

Un peu plus tard, les Franciscains, plus rigoureux, exigent une application stricte de leur enseignement de la part des Chinois convertis au christianisme. Par exemple, il interdisent à leurs ouailles de pratiquer chez eux ce qu'ils considèrent comme un culte idolâtre et païen, à savoir le « rite des tablettes » (condamné en 1704 par Clément XI).

« Etant une coutume depuis des siècles, le culte des morts est présenté comme un moyen par lequel les Chinois rendent hommage aux ancêtres, à Confucius, et à un nombre infini de divinités…pour respecter les mérites apportés à la famille et à la société. Dans chaque famille, de petites stèles en bois peint ou laqué sont installées avec le nom et la qualité des morts ». Les prêtres luttent contre ces pratiques « superstitieuses ».

Puis les missionnaires sont exclus de Chine pendant des décennies. A leur retour, après la première guerre de l'opium, ils reprennent leurs exigences, en particulier l'interdiction du culte des tablettes.

Il est interdit aussi aux convertis de participer aux festivités organisées pour rendre honneur aux ancêtres et autres personnages. Ces festivités, mises en place par les notables ou lettrés, sont une raison d'être dans la vie économique de ces régions rurales. Elles attirent des villageois et citadins en grand nombre, donnent une activité extraordinaire aux foires et aux commerçants. Pour ces raisons sociales et économiques, elles s'enracinent profondément dans les mœurs des paysans.

Les convertis ne participent plus aux représentations théâtrales, ne versent plus leur contribution au financement des temples.

Les convertis chinois qui acceptent les directives des prêtres sont ainsi mis à l'écart des activités culturelles essentielles de leur village, rejetés d'une certaine façon par leur famille et leur communauté. Ils renoncent à leur identité au sein du clan et blessent en même temps énormément l'orgueil des « vrais » Chinois attachés à leur terre millénaire, qui considèrent ces agissements comme une violation de la tradition du pays.

Dans d'autres domaines, par exemple pour la construction des églises, les missionnaires négligent d'étudier le « foung-choui », ne font pas appel aux géomanciens locaux, au risque d'attirer le malheur sur le village. Le mémorandum de 1871 exigera cette condition pour les constructions. Les églises elles-mêmes sont considérées comme une offense à l'esthétique nationale.

De même, il arrive qu'une église soit construite à l'emplacement d'un temple bouddhiste ou taoïste, ce qui choque à nouveau une partie de la population. On trouve dans les archives de nombreux exemples de manifestations de populations pour empêcher les constructions, vol de matériel, obstructions, retards, procès…Lors des fêtes traditionnelles, on note des manifestations anti-chrétiennes, des bousculades...

L'obligation de restitution à partir de 1846 des biens d'église confisqués en 1717 engendre de nombreuses difficultés locales.

L'utilisation des terrains prête aussi à confusion. Alors que, dans la version chinoise des traités de 1860, les missionnaires ont seulement droit d'affermage, une traduction erronée leur accorde le droit d'acheter, ce qui est une nouvelle source de conflits. La seule riposte possible des autorités locales est de faire traîner les autorisations pour les constructions.

Les missionnaires recrutent par l'argent, ils attirent alors les familles pauvres. Ils recrutent aussi par la protection. Les chrétiens ne sont plus soumis aux mêmes règles que les autres (loi de 1846). Ils peuvent se mettre sous la protection des prêtres et échapper aux lois locales. Ainsi des repris de justice peuvent échapper à la sentence. Les graines de la jalousie et de la haine sont ainsi semées. Une inégalité sociale est instituée dans les villages entre chrétiens et non-chrétiens.

Les chrétiens ou les missionnaires victimes d'outrages ou de sévices demandent des indemnités énormes et des punitions sévères, parfois la destitution d'autorités locales appréciées par la population. Certaines réunions de concertation se terminent par l'arrestation des délégués locaux, ce qui déclenche à nouveau la colère des populations. Par leur intervention dans l'exercice de l'autorité locale, les missionnaires déstabilisent l'ordre des villages.

D'une façon plus générale, les missionnaires, après avoir été interdits, sont revenus, d'abord dans les cinq ports ouverts, puis à l'intérieur du pays, après deux guerres perdues par la Chine, dans un climat hostile.

Les paysans comme les lettrés considèrent les missionnaires du XIXéme siècle comme « les espions de l'impérialisme ». Ils apportent le désordre social et ébranlent la base du système féodal.

Ni le protectorat impuissant de la France ni l'attitude molle du gouvernement mandchou ne suffisent à régler tous les conflits locaux qui vont s'envenimer et dégénérer en révolte...

3- L'exemple de Li-Yuan Tun

Liyuan-tun est l'un des 18 villages de la sous-préfecture de Guanxian, à l'ouest de la province de Shandong, au nord du fleuve jaune, en région limitrophe du Shandong et du Zhili. Selon les Chinois, c'est à l'époque une région difficile et abandonnée.

L' église de Jinan , preuve de la présence des catholiques dans la région du Shandong.

La situation administrative des villages environnants est complexe. Alors que le groupe de villages auquel appartient Liyuan-tun dépend du Shandong, tous les villages qui les entourent dépendent du Zhili. Ces 18 villages sont donc séparés géographiquement de leur chef-lieu. Cela entraîne beaucoup de difficultés au niveau administratif, tout en offrant des avantages aux insurgés qui peuvent se déplacer facilement d'une province à l'autre et échapper au contrôle du gouvernement provincial.

Dans la province de Shandong, les Franciscains dominent la vie religieuse. Selon la géographie, l'affaire religieuse de Liyuan-tun appartient normalement à leur compétence. Quant à la région de Zhili, la compagnie de Jésus dispose du privilège d'y propager sa foi. Donc le village de Liyuan-tun, même s'il se situe administrativement dans la zone des Franciscains, est plus influencé par la propagande des Jésuites.

Le premier converti à Liyuan-tun s'appelle Wang Songling. Il s'agit d'un individu poursuivi par la justice locale. Il se fait baptiser avec toute sa famille afin que le missionnaire intervienne pour lui. Le fonctionnaire local est alors obligé sous la pression du prêtre étranger de le libérer et de « laisser son dossier dans le tiroir ». Dès cet événement la religion catholique prend de l'importance tant à Liyuan-tun qu'ailleurs. En outre, les familles pauvres du village entrent ainsi dans l'Eglise pour avoir des aides financières. C'est le cas des familles Wang et Yan.

L'affaire du terrain : « Au village de Liyuan-tun se situe une école entretenue par la bienfaisance des particuliers, et derrière cette école, un temple de Yuhuang (Empereur de Jade). Depuis plusieurs années, le temple est détruit et laissé à l'abandon par manque de moyens. A la demande des convertis chrétiens du village et avec l'accord des villageois, ce terrain est partagé le 1er mars 1869 par délibération publique entre les deux communautés du village l'une chrétienne et l'autre non-chrétienne. D'après l'acte de partage, les chrétiens reçoivent pour leur part la maison et le terrain du temple, avec pour objectif de construire une église. De fait, cet acte s'établit par la bonne volonté de tous, aucune contestation n'étant exprimée à l'époque.

Etant donné que les convertis chrétiens n'ont pas les moyens de bâtir sur le terrain partagé, ils cèdent celui-ci au missionnaire Liang pour la construction d'une église et d'une maison d'habitation. En 1873, lorsque les travaux de construction commencent sur le terrain, les villageois non-chrétiens viennent les empêcher puis formulent une contestation devant le gouverneur de Guanxian. Depuis, le fameux procès de Liyuan-tun entre en scène.

La contestation porte sur l'achat du terrain par un missionnaire étranger :

La convention de Pékin de 1860 autorisait les missionnaires à affermer des terrains et non à les acheter. La traduction française de l'abbé Delamare présente une notable différence avec le texte chinois : « il est de plus permis aux missionnaires d'affermer et d'acheter des terrains dans toutes les provinces et d'y élever des maisons si cela leur plaît ». Malgré les protestations chinoises, rien ne peut être modifié car le texte français prévaut sur le texte chinois en cas de divergences d'interprétation en vertu du traité de Tianjin.

Des lettres du Zongli Yamen adressées aux autorités de province confirment les autorisations d'achat, mais les fonctionnaires locaux résistent en annulant nombre d'opérations immobilières sous différents prétextes.

En 1873, donc, les six délégués du village sont déboutés par le gouverneur de Guanxian qui rend un jugement favorable aux chrétiens en s'appuyant sur l'accord de 1869. Le missionnaire peut construire son église.

Le second conflit apparaît le 7 février 1881 lors de la festivité annuelle pour célébrer l'Empereur de Jade après le nouvel an chinois. Pendant les démonstrations des programmes traditionnels, les portes de l'église sont bousculées par de nombreux visiteurs. Ce simple incident devient important par l'intervention de l'Evêque du Shandong qui dépose une plainte près du Ministre de la France à Pékin. Celui-ci exerce une forte pression sur le sous-préfet de Guanxian qui demande aux chrétiens de trouver un autre terrain pour rebâtir une église afin de restituer le premier terrain et retrouver la bonne intelligence entre les parties. Les chrétiens contestent cette décision mais du fait de leur infériorité numérique, sont obligés de se soumettre et le calme revient au village.

Au printemps de 1887, le missionnaire Vila arrive à Liyuan-tun. Vu le mauvais état de l'église, il achète des briques, des tuiles, du bois et d'autres matériaux pour la rebâtir. Selon les villageois non-chrétiens, cette action est à l'encontre du jugement de 1881 en vertu duquel les convertis doivent acquérir un autre terrain pour la construction. Pour empêcher les travaux, quelques centaines d'hommes du village portant des armes et des outils se rassemblent puis détruisent l'église, en emportant ainsi des matériaux, de l'argent et d'autres objets. Rapidement, un temple taoïste est établi sur le terrain.

Ce conflit remonte rapidement à tous les niveaux politiques et religieux français et chinois. Des ordres sont donnés pour trancher cette affaire. Les six notables représentant les intérêts du village sont arrêtés pendant le procès. Cette arrestation déclenche un fort mécontentement dans le village et par crainte d'une explosion relationnelle entre les deux communautés, une concertation conduit à une proposition acceptée par les deux parties, achat d'un autre emplacement, dédommagement, etc… Le conflit semble résolu.

En réalité, les missionnaires ne veulent pas déménager et insistent pour rester sur le premier terrain. En octobre 1889, sous la pression française, les Chinois ordonnent de rendre le terrain aux missionnaires et offrent une compensation de 200 taëls aux non-chrétiens pour acheter un autre emplacement pour construire un temple et une école.

Mais la tranquillité n'est pas revenue pour autant. En 1892, des rumeurs inquiètent les villageois qui transportent des armes dans le temple. Les chrétiens s'enfuient en toute hâte. Les autorités chinoises interviennent immédiatement, réunissent les nobles et lettrés des villages de plusieurs sous-préfectures voisines de Guanxian, et donnent des conseils ou ordres très clairs de disperser les fauteurs de désordre. Le temple est détruit, le terrain est rendu aux missionnaires. Le cinquième conflit se résout par la force. L'hostilité de la population envers les chrétiens est à son comble...

4- Les boxeurs

Le village de Liyuan-tun comporte 283 familles, dont 87 propriétaires aisés qui emploient les autres pour le travail agricole ou textile.

Parmi les habitants, les plus grands clans disposent d'une influence décisive. Le clan le plus important est celui de Yan, auquel appartient Yan Shuqin, responsable des « Shiba-kui ».

D'une manière générale, au sein des familles de chaque clan, on désigne un chef parmi les membres les plus réputés. Il représente toutes les familles du même clan dans les relations extérieures et défend leurs intérêts. A l'intérieur, il prend les décisions pour maintenir l'ordre familial et dispose du pouvoir de sanctionner un membre dont les actes sont contraires aux règles générales ou familiales. Ces notables sont très respectés.

Dessin révolte des boxeursTraditionnellement la région limitrophe du Shandong et du Zhili est l'endroit ou une masse de population pratique quotidiennement des arts martiaux. Donc les sociétés d'arts martiaux jouent plus ou moins un rôle important dans la vie villageoise, notamment à l'occasion de la défense contre les ennemis. De plus, dans les milieux des arts martiaux, protéger les gens simples et faibles est considéré comme une vertu ou une morale indispensable pour les pratiquants, ce qui crée un lien solide avec la base de la population paysanne.

A Liyuan-tun, il y a 69 familles dans le domaines des arts martiaux. Il en est de même dans bien des villages voisins surnommés les « villages des arts martiaux ». Ayant un même esprit et l'avantage géographique, ces sociétés ont la facilité de se regrouper en constituant une force importante pour lutter contre les missions étrangères.

On trouve trace des premières actions armées contre les chrétiens de Liyuan-tun dès 1887 par les « Shiba-Kui » ainsi nommés car au nombre de dix huit, recrutés chez les paysans aisés et moyen-aisés .

Dès 1892, l'organisation d'une nouvelle force contre les missions paraît indispensable. De nouveaux « Shiba-kui », plutôt recrutés chez les paysans pauvres, se mettent en place. Leurs actions seront plus violentes. Dirigés par Yan Shuqin, ils s'opposent à la construction de l'église. Un événement sanglant se produit. L'intervention des autorités locales empêche un grave conflit.

On trouve trace de la participation des pratiquants de Mei Hua dès 1892, mais c'est seulement en 1897 que le rapprochement avec les Shiba-kui est confirmé.

Zhao Sanduo, maître de Meihua-quan de la 14ème génération, dispose dans la région de nombreux élèves et d'une bonne réputation. A la demande des Shiba-kui, il décide de participer aux actions anti-chrétiennes. Yan Shuqin se met sous son autorité.

Le 24 mars 1897, plus de 3000 boxeurs se rassemblent dans la région de Liyuan-tun et effectuent une démonstration de boxes qui dure trois journées. Le 27 avril 1897, plus de 2000 boxeurs armés déclenchent l'attaque du village.

Au début de 1898, Yan Shuqin est blessé par le tir des soldats impériaux et les boxeurs sont dispersés devant la menace militaire du gouvernement.

Mais leur influence s'étend dans toute la région. Bénéficiant de la spécificité géographique et de l'ambiguïté de la politique impériale, la force des boxeurs s'accroît rapidement.

En novembre 1897, l'occupation de Jiaozhou par les allemands accélère le soulèvement.

En mars 1898, constatant le renouveau de la mission dans la région, une nouvelle démonstration des boxeurs est organisée sous la direction de Zhao Sanduo dans son village, Shaliu-zhai. Il appelle les pratiquants d'autres arts martiaux à le rejoindre.

Au sein du Meihua-quan, il existe des désaccords à propos de l'alliance avec les Shiba-kui. Afin de ne pas mettre le Meihua-quan en danger, Zhao Sanduo décide de changer le nom de Meihua-quan en Yihe-quan, poing de justice et de concorde. Ce nom est accepté à la réunion de Shaliu-zhai qui réunit plus de 10000 hommes. Il permet de collaborer avec des partenaires plus divers.

Cette réunion marque le début du soulèvement des boxeurs. Leurs actions s'étendent, sous une direction unifiée, sur l'ensemble des régions proches où se trouvent des missions étrangères. Bientôt, tous les étrangers deviennent la cible des révoltés. Le slogan « Soutien aux Qing, mort aux étrangers » apparaît sur les bannières. Ce soutien affiché aux Qing permet d'éviter la confrontation avec les soldats impériaux. Une simple action anti-chrétienne s'est ainsi transformée en un véritable mouvement anti-étranger national, populaire et historique.

Au fur et à mesure où le mouvement des boxeurs s'étend d'une manière spectaculaire du Shandong au Zhili, les Puissances redoublent de pression diplomatique, en exigeant du gouvernement mandchou une répression efficace. Ce dernier au contraire a l'intention de profiter de la force des boxeurs afin de combattre l'invasion commerciale et politique des Puissances. Avec l'appui du gouvernement mandchou, les boxeurs entrent le 13 juin 1900 dans la capitale et déclenchent le siège de Pékin, du 21 juin au 14 août. Le conflit s'achève par l'expédition internationale constituée par les huit puissances les plus grandes du monde à l'époque.